« Au sens premier une îcone désigne une image représentant une figure religieuse dans la tradition Chrétienne Orthodoxe puis Catholique. La première îcone représentant le Christ Sauveur du Monde est « achéropoiète » - non faite de main d’homme -, car provenant de l’empreinte du visage du Christ : c’est le Mandylion., Répétée depuis lors à l’identique,. l’îcone est l’archétype de l’entité désignée.
Toutes les religions ont prohibé la représentation de Dieu. C’est à dire donné interdiction de fabriquer une figure connue, subjective et émotive pour Ce qui relève de l’Inconnu.
« Tout ce qui peut, quand il s'agit de Dieu, réveiller l'idée d'une similitude corporelle, tu dois le chasser de ta pensée, le renier, le répudier, le fuir. » Saint Augustin
La représentation de Jesus, d’hommes ou femmes désignés comme saints n’enfreint pas la Loi. Elle ne fait que raconter l’histoire d’êtres de chair. Le vieux-père barbu, comme entité différente du Christ n’apparaît qu’au XIIe siècle. Dès lors ce barbu à peau blanche, de type Européen, assis sur son nuage est bel bien devenu l’archétype universel du « Grand Ordonnateur du Monde ».
On voit bien ici l’intérêt de la mise en garde de Saint Augustin.
De même, la représentation usuelle (l’îcone connue) de la mappemonde : Nord (Europe) en haut et Sud (Afrique) en bas est également devenue un archétype signifiant.
Lorsqu’on a Dieu et la géographie pour soi, ce n’est plus très difficile de devenir les « maîtres du monde »….Alors, qu’il est bien évident que dans l’espace il n’y a ni haut – ni bas, et que Dieu s’il existe ne ressemble certainement pas à notre grand-père.
En représentant Jésus-Maasai, la Vierge Noire, Marie-Madeleine des Indes, Archange Gabriel Sioux, Jean l’évangéliste Océanien, Saint Georges-Guevara, Noé – Luther King, et enfin en retounant la mappemonde j’espère bousculer les évidences sécuritaires et cloisonnantes qu’utilisent les pouvoirs – toutes tendances confondues – pour nous rappeler que tous ceux qui tiennent les rênes du pouvoir ont bien plus qu’un seul supplicié à leur actif.
À l’heure ou nous réalisons que parmi les activités et le comportement de notre espèce ce sont les gens du haut qui mettent durablement en péril notre unique berceau commun et donc la survie de toutes les espèces vivantes, posons nous la question suivante : ces vieilles cultures que nous avions arbitrairement placées en bas (mises en position moindre) ne portaient elles pas en elle une sagesse et une harmonie au monde que ceux du haut ont bel et bien crucifié ?»